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JE REVIENS DE PALESTINE
Là-bas, j’y suis restée six semaines. A Yanoun, petit village d’une dizaine d’habitations situé au sud de Naplouse, les colons israéliens terrorisent les habitants palestiniens pour les faire fuir et s’approprier leur terre. Tous les moyens sont utilisés par les colons israéliens qui occupent illégalement les collines de Yanoun, y compris attaquer les enfants palestiniens qui se rendent à l’école. Avec les Femmes en noir de Marseille auxquelles j’appartiens, association qui se bat pour une paix juste au Proche-Orient, nous louons un bus scolaire qui vient chercher ces enfants tous les matins et les raccompagnent après leur cours, afin qu’ils puissent se rendre à l’école en sécurité. Je suis restée un mois dans le village de Yanoun. Le jour de Noël, je m’aperçois qu’il ne me reste plus beaucoup d’argent, je décide d’aller à la banque la plus proche qui se trouve à dix kilomètres dans la ville de Naplouse. Sur le chemin, je tombe sur un check-point, c’est un barrage militaire posé là par l’armée israélienne pour empêcher les gens de circuler librement. Les soldats israéliens refusent de me laisser passer. Il est dix heures, je décide quand même de me rendre à Naplouse, je suis obligée de contourner le barrage en passant par les montagnes. J’arrive à la banque à 15 heures. Il m’a fallu marcher pendant cinq heures dans une montagne pour aller à la banque. C’est la même chose pour un palestinien qui souhaite aller travailler, ou pour un étudiant qui souhaite aller à l’université ou pour quelqu’un qui souhaite retirer de l’argent comme moi. Enfin, je suis à Naplouse, je peux retirer l’argent dont j’ai besoin. Un ami m’y attend, il m’invite à manger chez lui. C’est Amar, jeune palestinien de 23 ans, il vit dans ces ghettos que l’on appelle des camps de réfugiés. Balata est le nom de ce camp, ou vivent 30000 palestiniens sur une superficie de 1 km². La route du retour étant longue, je décide de passer la nuit dans la famille de mon ami. Mais vers minuit, nous entendons les moteurs des jeeps et des chars israéliens se rapprochaient de notre maison et en quelques minutes, l’armée encercle le camps de Balata. Nous voilà sous couvre-feu. Le couvre-feu va durer pendant de longues journées ou il sera interdit de sortir des maisons, interdit d’aller acheter à manger, interdit de se rendre chez le médecin, interdit d’aller voir sa famille ou ses voisins, interdit pour les enfants de se rendre à l’école…Certaines familles n’avaient plus de quoi se nourrir. Pendant cette période, le camps de réfugiés de Balata, le plus peuplé de Cisjordanie, a été soumis aux bombardements, aux destructions, aux pillages et aux assassinats perpétrés par les soldats israéliens. La nuit, il était impossible pour nous de dormir à cause du bruit des obus de chars que tiraient les israéliens à travers le camp et qui faisaient trembler les fenêtres de notre maison. Le jour, les militaires israéliens pénétraient dans les maisons des familles palestiniennes, enfermaient les femmes dans une pièce et frappaient les hommes et les adolescents. Durant le mois de décembre, les enfants palestiniens sont en période d’examen scolaire. Il aura été impossible pour les 18000 enfants du camp de réfugiés de Balata de se rendre une seule fois à l’école. Un matin, le couvre-feu est levé pour quelques heures, j’en profite pour immédiatement quitter cet enfer. Pendant toutes ces journées, il aura été impossible pour les organisations humanitaires de ravitailler les habitants du camp en nourriture et toutes les ambulances auront été bloqués. Aucune loi humanitaire protégeant les civils palestiniens n’aura été respectée par l’armée d’occupation israélienne. Myriam, 24 ans, étudiante en droit et membre des Femmes en noir de Marseille.
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